Juste une plaisanterie ou une véritable attaque ?

Chaque année, des centaines de jeunes, allant du plus jeune enfant au lycéen de Terminale, sont victimes de harcèlement. D’après le site de l’éducation nationale, le harcèlement touche « 12 % des écoliers de cycle 3 »,  « 10 % des collégiens » et « 3,4 % des lycéens ». Ce chiffre qui parait assez raisonnable sur le papier est impressionnant si on prend en compte l’ampleur des conséquences psychologiques. Certes, parfois infimes, mais toujours présentes.

Ces violences peuvent se traduire de différentes façons. Parfois même considérés comme « une blague » ou de « la taquinerie », les élèves ne pensent pas à blesser mais plus à faire rire les amis autour. Ce système est bien évidemment accentué par les réseaux sociaux, où une course effrénée à la critique la plus acide est ouverte. Entraînant les jeunes dans une espèce de compétition où le gagnant sera le plus sévère dans ses propos.

 

L’État a bien sûr mis en place des campagnes ou autres stratégies pour limiter le harcèlement comme par exemple l’intervention dans les salles de classe ou des vidéos de sensibilisation.  « Elles ne sont pas totalement inutiles mais redondantes. Tous les ans, on nous présente les mêmes vidéos et ça en devient lassant. » Nous explique une lycéenne récemment sensibilisée. Cependant, dans ces campagnes, on traite seulement du harcèlement extrême. Les jeunes ne se sentant donc pas concernés, continue dans leurs comportements et même parfois l’aggrave. Le problème est qu’il n’y a pas de culpabilité de la part des élèves, concernant leurs actes comme légers et donc inoffensifs.

Pourtant ces petits détails influent même sur les jeunes qui ne sont pas directement concernés par ces violences. Désormais beaucoup de collégiens comme lycéens n’osent pas affirmer leurs goûts, de peur de ne pas « rentrer dans la norme » et donc de faire parler d’eux. Cette anxiété se ressent chez tous les adolescents et s’applique dans tous les domaines, cela peut être dans le domaine de la musique, du sport ou des goûts vestimentaires, ce qui est dommageable cela nuit à la diversité.

L’enjeu serait donc une  sensibilisation plus ciblée au niveau du « harcèlement léger » pour lequel on ne mesure pas sa gravité, elle n’est pas assez abordée auprès des jeunes et peut avoir de graves conséquences. La solution serait, peut être, de demander réellement et concrètement l’opinion des premiers concernés: les jeunes. Leur avis n’est pas réellement abordé lors des sensibilisations, les adolescents étant obligés de formuler des phrases « clichés » comme « Il ne faut pas le faire, le harcèlement c’est mal »,  afin de rentrer dans la thématique de l’intervention.

Cela pourrait donc permettre aux jeunes de se remettre en question, de concrètement participer aux débats et donc de se sentir plus concernés par le sujet car il est indispensable de faire bouger les choses sur ce sujet qui reste encore trop omniprésent dans le pays emblématique des droits de l’Homme.

Poirier Charlotte, Guillaume Camille et Sauget Maëlle