Dans les coulisses du sport de haut niveau chez les jeunes.

Devenir sportif de haut niveau a toujours été un rêve pour les enfants. Il est possible de concrétiser ce rêve, à condition d’avoir de certaines qualités et un certain talent. Revenons sur ce passage par lequel sont passés les plus grands. Pourtant peu médiatisé, il joue un rôle essentiel pour devenir sportif de haut niveau, métier tant convoité…

Comment devenir professionnel(le) ?

Il existe plusieurs structures qui forment les jeunes au sport de haut niveau, et notamment:

Les Pôles Espoirs :

Ils intègrent de nombreux jeunes (environ 11500) qui tentent de réaliser leurs rêves. Le Pôle Espoir est une structure qui allie sport et scolarité. Il permet aux jeunes de concilier carrière sportive, études et insertion professionnelle. Il n’est pas question de laisser tomber l’école. Il faut déjà un certain niveau scolaire requis pour y entrer, et maintenir ce niveau. Bien évidemment, le sport est au premier plan, les Pôliens pratiquent au minimum 15 heures par semaines, mais globalement les heures de sport pratiquées se rapprochent bien des 20 heures. Difficile donc d’y rajouter le temps pour les cours. Le Pôle Espoir se charge donc d’assurer un suivi scolaire, une organisation des emplois du temps en fonction des entraînements et compétitions et également un soutien scolaire. Les jeunes qui sortent du pôle espoir rejoignent les Pôles France:

Ils regroupent les jeunes sportifs appartenant aux Équipes de France. Le niveau est très élevé, on tutoie déjà le niveau professionnel. Le Pôle France a donc pour but de préparer ses protagonistes aux futures échéances et compétitions internationales à venir.

La vie au sein d’un Pôle :

Les Pôliens sont au Pôle pour une année, sous réserve d’un renouvellement, d’une ou plusieurs années en fonctions de leurs résultats scolaires et sportifs ainsi que de leur comportement. En général, la plupart des sportifs sont internes. Certains rentrent chez eux chaque soir. Les pensionnaires sont hébergés à l’internat du pôle, ces internats regroupent tous les pratiquants des différents sportifs du CREPS de la ville.

Les jeunes sportifs et sportives arrivent au Pôle le dimanche soir ou le lundi matin. Ils alternent ensuite toute la semaine entre cours et entraînements. C’est eux qui décident de leur orientation scolaire (bac S, ES, L, séries technologiques). Seulement très peu de Pôle assurent les cours. Pour ceux qui n’en n’ont pas la possibilité, les jeunes suivent les cours dans les établissements scolaires des alentours. Cela signifie que les apprentissages ont lieux avec des élèves lambda, pas nécessairement pensionnaires au Pôle. En revanche, les établissements ont un accord avec les Pôles Espoirs pour permettre la sortie des cours des Pôliens en fonctions de leurs emplois du temps sportifs. Tous les soirs, un temps d’étude est obligatoire, pour permettre aux jeunes de faire leur devoirs. Le CREPS impose des heures de soutien scolaire aux élèves en difficultés.

Les athlètes pratiquent en moyenne 20 heures de sport par semaine, soit 4 à 6 heures par jour. Ce qui est nettement supérieur à la moyenne dans une école normale. Ils ont des entraînements intensifs tous les jours de la semaine qui leur permettent d’avoir une marge de progression supérieure à celle d’un simple club. Les entraîneur(e)s sont compétent(e)s, ils ont tous passé obligatoirement un diplôme leur permettant ainsi d’assurer les cours. Les élèves ont souvent deux entraînements à des moments différents d’une journée.

Les temps d’entraînement hebdomadaires étant longs et intensif. Il est important de prévenir les blessures et mettre les Pôliens dans les meilleures conditions physiques. Le Pôle met donc à la disposition de ses pensionnaires un suivi médical. Il est composé de psychologues, diététiciens, médecins, kinés et selon les sports, un médecin spécialisé sur une partie du corps très utilisée dans le sport dit.

Être élève au sein d’un Pôle n’est donc pas si facile. Il faut être motivé, avoir de bonnes conditions physiques et psychologiques et posséder de bonnes capacités d’organisations nécessaires pour mener votre triple projet : projet personnel; projet sport et projet scolaire.

Inès TACHARFIT, 16 ans, membre de l’équipe de France de karaté. S’entraîne au Pôle Espoir de Dijon.

Nous avons réalisé l’interview d’une jeune karatéka au pôle espoir de karaté de Dijon :

A quel âge as-tu commencé le haut niveau, à quel age est-tu rentrée au Pole ?

-J’ai commencé le haut niveau à l’age de 14 ans, en classe de 4ème.

Comment les sélections se sont-elles passées ? Comment as-tu été détectée ?

-En ayant de nombreux résultats, qui ont fait ma détection par les entraîneurs. J’ai passé des tests et j’ai été demandée pour intégrer le Pôle Espoir de Dijon.

Pourquoi avoir été dans le monde du sport de haut niveau? Dans quels objectifs ?

-J’ai voulu me lancer dans le haut niveau pour à court terme progresser et à plus long terme, être sélectionnée en Équipe de France. Un objectif que j’ai toujours réussi à atteindre.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton sport ?

-Ce qui me plaît le plus dans ce sport est le respect qu’il y a entre nous, que l’on perde ou que l’on gagne, il y a toujours la valeur du respect, c’est ce qui rend beau mon sport.

Qu’est ce qu’il y a de plus compliqué à gérer quand on est sportif de haut niveau ?

-Le plus compliqué, c’est de garder le rythme des entraînements 6j/7, programmés 2 fois par jours. Et aussi les cours, même si bien-sûr, nous avons des horaires aménagées, il n’est pas facile de gérer en même temps le sport et les études, mais c’est l’objectif à atteindre.

Que se passe t’ il si un sportif n’arrive pas à atteindre ses objectifs, si c’est trop dur pour lui ?

-Si il n’y arrive pas, il devra arrêter le haut niveau. Mais s’il veut réintégrer le pôle, il devra faire ses preuves et montrer son envie lors des compétitions.

Combien d’heures d’entraînement as-tu par semaine ?

-Je fais 19h par semaine.

Est ce que ton corps ressent beaucoup de fatigue à la fin de semaine et des entraînements ? Où alors s’y habitue -t-on ?

-Le début à été très dur, mais on s’habitue au fil du temps ! Parfois les périodes de l’hiver ne sont pas faciles, il y a toujours un coup de fatigue qui arrive ! Mais on s’y fait !

Propos recueillis par Maëva Chenaye, Valentine Bosquet et Cabiran Emilien